Catégorie : URBAN CALLIGRAPHY ICS
Je prends et traite les photos à la manière d’un tableau.
Cadrage, structuration, harmonie des couleurs, signes, contexte et sens sont les maîtres mots d’une histoire en images. Mon souhait est d’y conduire le visiteur afin qu’il change son regard.
Je reste persuadé que l’art est partout, qu’il nous entoure au quotidien, dans la rue, sur les bâtiments, dans la nature et qu’en fin de compte, c’est plus accompagner une façon de regarder qui importe.
Je crois davantage au parcours initiatique entre celui qui créé et celui qui regarde, qu’en la réalisation d’une œuvre magistrale techniquement parfaite, ce qui rend le créateur, et peut-être le visiteur, humble face à un spectacle qui est sensé émouvoir.
DENT ET SERPENT
Danse macabre
Colombin
Vertical
Horizontal
Urban calligraphy one
Urban caligraphy two
Souffle du Sud
Souffle du Nord
La Strada
Convenance
Déviance
INTER
MEDE
Quadriptyque de cicatrices
ma ligne de vie
Celle que…
…J’aiMe
Costume cravate
Costume cravate tache pistache
Ligne
Continue
Je reste dans les clous
Je m’en échappe un peu
Comme les 5 doigts
On dirait … Une étoile
URBAN CALLIGRAPHY ICS.*
Pourquoi « URBAN CALLIGRAPHY ICS » ? Parce que la calligraphie peut parfois se révéler dans des lieux et à des moments inattendus et d’une façon involontaire.
C’est ce qui m’est advenu, rue André GIDE à Montigny le Bretonneux, en ayant eu le regard attiré par les traces de goudron laissées sur la chaussée.
Ici, l’employé de la voirie ne savait pas, un peu à la manière de monsieur Jourdain, qu’il pratiquait la calligraphie de rue. Nous sentons bien pourtant qu’il a pu y prendre du plaisir tant nous pouvons l’imaginer avec son pinceau poursuivre les fissures de la chaussée et nous pouvons même le deviner, vu la qualité de la production, en train de dessiner.
Qui a pratiqué la calligraphie sait combien la question du souffle influe et importe sur la qualité du trait.
Ici, l’homme marche tout en traçant des lignes, des courbes…Forcément il est penché et doit se redresser pour prendre l’inspiration, recharger sa cage thoracique en air frais et aussi recharger sa brosse en goudron**.
Ensuite, me diriez-vous, qu’en est-il de la tension et de la forme du trait ?
Là, c’est le mouvement inverse, ce n’est plus de l’homme qu’elle trouve sa source, mais de la rue.
Le travail consiste donc à colmater les fissures dans l’asphalte afin que l’eau ne puisse plus y pénétrer et abîmer ainsi le revêtement. Mais revenons à ce qui nous intéresse, c’est-à-dire la fissure.
Il faut en convenir, elle est la résultante de deux forces de tentions opposées, qui s’appliquent à la surface de la chaussée. Le hasard joue sa partie, et à y regarder de plus près, on peut y discerner une écriture un peu comme si la route voulait nous raconter son histoire. Les traces, ne vous font-elles pas penser à des idéogrammes chinois ?
Etonnant, me diriez-vous, car habituellement, ce sont les hommes qui racontent les histoires qui jalonnent le chemin de leur vie.
Ici c’est l’inverse c’est la rue qui parle.
D’ailleurs, à ce propos, et pour revenir à l’homme, j’ai pu m’entendre dire qu’il n’y avait pas de route, de chemin, de voie sans blessures et donc maintenant, sans cicatrices…
Gilles TERNIER – Janvier 2012
*CALLIGRAPHIE URBAINE INCONSCIENTE
** Georges Jean. L’écriture mémoire des hommes. Découverte Gallimard/Archéologie. Témoignages et doc., Hassan Massoudi, calligraphie. p. 170






























