PORTES A SOUBES

A SOUBES, EN LANGUEDOC, LES PORTES VOUS PARLENT

Soubès est un charmant petit village situé en région Languedoc – Roussillon. Il se love dans les collines du Nord de l’Hérault qui constituent les contreforts du plateau du Larzac. Autrefois, vignobles et vergers disputaient la place aux forêts et à quelques pâturages qui couvrent les zones incultes.

Soubès est desservi par la Route Nationale 9 qui mène, vers le Sud, à Lodève, Montpellier,  Palavas les Flots et Sète. Un peu plus loin, vers le Sud – Ouest, Béziers et Narbonne ; au Nord Millau et Rodez. Ces lieux ont joué un rôle important pour les anciens de Soubès.

Voici pour une présentation succincte, mais venons-en à notre histoire. Un après midi ensoleillé du mois d’avril, je me promenais donc à Soubès et mon regard fût attiré par les portes. En y prêtant plus d’attention, elles se mirent à me raconter des histoires. Ce sont sans doute les histoires des gens qui vivent ou ont vécu derrière. D’une manière étonnante, si je ne vis presque personne, j’y ai perçu leurs âmes qui  étaient tellement présentes, tant les habitants ont laissé des signes, des traces, marquant ainsi leur humilité, leurs croyances, leur combat, leur appartenance, leur défiance…Et sans doute la rêverie m’a aidé pour le reste

Je vous invite donc à faire cette promenade. Alors laissez-vous prendre par la main et laissez-moi vous accompagner.

– Décembre 2011

QUELQUES COMMENTAIRES


1 : PRENDS MA MAIN


Ici la promenade commence, il n’y a plus qu’à se laisser guider.


2: ICI C’EST LE SUD


Les portes de
types granges ou remises sont en réalité des portes de caves ou de
chais. Le souci principal du vigneron était de conserver le vin au
frais. Il en était de même pour les arboriculteurs qui devaient
conserver les fruits (grappes de raisins, cerises, abricots, pêches,
olives) en attendant la livraison. Pour cela, il fallait les protéger de
la chaleur et de la lumière. Petites ruelles ombragées, caves semi
enterrées et creusées dans la roche, ouvertures grillagées, trous que
l’on peut obstruer, sont autant de dispositifs et de stratégies qui ont
été judicieusement choisis. L’un d’entre eux tout aussi ingénieux ne
consiste t-il pas à pratiquer une petite porte dans une plus grande ?
(Voir aussi les photos : 3 – 15 – 22 – 23 – 25 – 28 – 30 –  34 – 35 –
36  – 37 – 38 – 39 – 40 – 48 – 51 – 52 – 60 – 63 – 64 – 65  – 66 68 –
70)


6 : ICI, C’EST LA CONFEDERATION GENERALE DES VIGNERONS !


On ne peut
passer sans évoquer la révolte des vignerons de 1907 qui donna naissance
à la Confédération Générale des Vignerons entre autre à Narbonne et à
Bézier[1]. Les héros, Marcelin Albert et Ernest Ferroul ont probablement mobilisé les vignerons de Soubès. (Voir aussi la photo 62)


8 : QUEL EST LE GENRE DE LA PORTE ?


La question ne se pose plus dans la très catholique Soubès ; la porte et sa serrure sont assurément du genre féminin.


9 : HEY MISTER HEIMANN !


A partir des
années 1970, des allemands, anglais, belges, suisses, en quête de
soleil, de grands espaces, de vieilles pierres, d’authenticité, et
peut-être aussi de légendes, sont venus s’installer en villégiature en
Languedoc Roussillon[2].


11 : LA PORTE VERTE EST PETASSEE


En occitan un petas[3]
(pedas ou pedaç) est une morceau de tissu qui sert à rapiécer (pedaçer
ou petacer) un trou dans un vêtement. Les signes de l’économie et
l’humilité se sont superposés au fil du temps et de ses épreuves (Voir
aussi les photos : 13 – 14 – 31)


12 : PAYSAGE MARIN


La Méditerranée, avec sa station balnéaire de Palavas les Flots est probablement la plage préférée des soubésiens.


(Voir aussi la photo 19)


15 : ENTREE DU MONASTERE


Il n’y a pas eu de monastère connu à Soubès, cependant on a pu dénombrer jusqu’à cinq églises[4].
Soubès a été fondée au Xème  siècle par St Fulcran évêque de Lodève. Le
village est resté catholique et a lutté contre les protestants durant
le XVIème siècle. (Voir aussi les photos : 16 – 17 – 18)


21 : UNE PORTE SUR DEUX AVEC UN POT DE FLEUR ET UN CUBI.


Le cubi ou
cubitainer est un contenant économique pour le vin. Ici on ne peut faire
abstraction de la Cave Coopérative du Lodévois de Lodève où les
vignerons livrent leur récolte et vendent leur vin. A cette même
coopérative qui a su élever un vin dénommé « Saint Fulcran ». Les
vignerons coopérateurs pouvaient se fournir en vin à un prix avantageux.
Peut-être que ce cubi en est un vestige. (Voir aussi photo 22)


25 – 26 : LA CARDABELLE


Soubès, est donc située au pied du vaste plateau du Larzac. Sur ce dernier, la cardabelle, ou carline à feuilles d’acanthe[5], trouve les conditions climatiques et de terrain favorables à son développement.
Cette plante, héliotrope, capte la lumière
solaire en s’ouvrant en son centre. Elle se referme lorsque la nuit
arrive et aussi lorsque l’hygrométrie augmente présageant la pluie.
D’ailleurs,  les paysans disent d’elle qu’elle est le baromètre du
berger.

La croyance veut qu’ une fois séchée, et
accrochée à la porte de sa demeure, la cardabelle soit un véritable
porte-bonheur. Sur le plateau, « le soleil des herbes », ainsi nommé par
les éleveurs de moutons, protège les animaux ; c’est la raison pour
laquelle on la trouve clouée sur la porte des bergeries.[6]


29 : MONSIEUR SOULAGES EST PASSE PAR LA


Soulages[7]
est un artiste peintre originaire de Rodez. Son œuvre est abstraite. Il
utilise des couleurs sombres (goudron, peinture noire, brou de noix…)
sur des supports clairs et joue ainsi avec la lumière (technique appelée
aussi « noir-lumière » et « outrenoir »). Peut-être est-il passé par là
… (Voir aussi photos 32 – 33)


41 : GARE AU GORILLE


Evidemment, petit clin d’oeuil à  Georges Brassens[8]. Ce dernier était originaire de Sète. A ce jour, nous n’avons  toujours pas vu de gorille, seulement la grille


43 : PORTE POUR PASSE-MURAILLE


Marcel Aymé n’émettra sans doute aucune objection[9]. (Voir aussi photo 42


CONCLUSION

71 : PASSAGE POUR L’AU-DELA


Cette
promenade se termine aux portes du royaume d’Hadès. Ici vous trouverez
les seules par lesquelles on ne passe que dans un sens, à moins que ….
Cf. photo 69 (Voir aussi la photo 72).


J’espère que
cette ballade vous a plu. Si par hasard vous retournez à Soubès, les
portes auront certainement encore beaucoup de choses à vous raconter,
les hommes et le temps ayant continué leur œuvre…






[2] Les cahiers transport aménagement en Languedoc Roussillon, N° 32, Décembre 2006




[3] Dictionnaire étymologique occitan Robert A.Geuljans   http://racamg.perso.sfr.fr/Petas.htm




[4] Source association SPES, site http://www.soubes-spes.fr/index.php




[5] La cardabelle est aussi appelée cardouille ou cardon




[6] Sources : Cardabelle Wikipédia,  site La Cardabelle, fleur symbole des Causses du Larzac, Région Midi Pyrénées   http://www.sports-sante.com/index.php/la-cardabelle-fleur-symbole-de-la-region-midi-pyrenees






[9]  Marcel Aymé, Le passe- muraille, Gallimard, 1943



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Gilles TERNIER

About Qui suis-je ? Né en 1957, je suis originaire du Sud Ouest et réside actuellement dans les Yvelines. Je me suis intéressé très jeune à l’art :dès mon plus jeune âge, je m’attardais devant les planches d’œuvres découvertes dans le dictionnaire « Le Petit Larousse Illustré en Couleur». J’ai passé de longs moments à contempler les œuvres des peintres flamands du Moyen Age, de ceux de la Renaissance italienne et française, … J’ai poursuivi en passant par la création et l’apprentissage, la lecture d’ouvrages de peinture, conjointement à la visite de musées et d’expos d’artistes connus et moins connus… ainsi, en amateur, mon intérêt pour l’art pictural n’a jamais cessé de croître, en même temps que moi. Démarche : Après un travail inspiré par le modèle nu féminin ou masculin et quelques natures mortes effectuées en atelier, Inspiré par Henri Matisse, Pablo Picasso, Yves Klein, Pierre Soulages, j’ai évolué vers l’art abstrait et l’art brut. Pour cela, j’ai délaissé la couleur. A partir d’œuvres réalisées à l’encre de chine sur papier en m’inspirant de la calligraphie chinoise, j’ai pris le parti d’aller à l’essentiel. Il s’agissait d’avantage de capter une impression, une ambiance, plutôt que de vouloir retraduire ce que je voyais. Un peu à la manière d’un appareil photo, je projetais l’énergie saisie auprès du modèle sur le papier, puis la toile brute. Poursuivant ma quête, je me suis plongé dans les écrits de François Cheng : « Vide et plein – Le langage pictural chinois », Col. Points, Ed. du Seuil, 1991. Le défi a été alors de représenter le nu féminin à la manière d’un idéogramme chinois. L’intérêt s’en trouve d’autant plus renforcé que dans la culture chinoise on ne représente pas le corps de la femme. J’ai utilisé l’énergie positive, l’énergie négative, le ying et le yang, le noir et le blanc, la lumière et l’obscurité, pour composer et trouver l’équilibre entre le nu, le sujet, et son environnement. En ayant suffisamment exploré ce champ, j’ai poursuivi en installant un cadre et en revenant à la couleur mais de l’intérieur. C’est ainsi que j’ai instauré le noir jaune, le noir rouge, le noir vert … La technique est la suivante : après avoir effectué, à partir du modèle, un premier « jeté » directement sur la toile brute (taille 60 figures), je reprends l’ébauche en introduisant une couleur unique sur certaines parties « charnues » du nu, puis je recouvre de noir brillant et enfin je racle pour faire réapparaître discrètement la couleur. Je joue largement sur les noirs mat, satin et brillant pour créer des volumes. Enfin je plante un décor, plus pour créer un contexte ou une ambiance que pour représenter. Après une période où mes préoccupations professionnelles ont pris beaucoup de place, (je suis cadre dans l’éducation spécialisée), j’ai repris récemment mes activités artistiques. Je travaille aujourd’hui à la création d’installation, sur le thème des palettes à partir de palettes de chantier. Dans la même dynamique, je réalise des photoreportages. Je prends et traite les photos à la manière d’un tableau. Cadrage, structuration, harmonie des couleurs, signes, contexte et sens sont les maîtres mots d’une histoire en images. Mon souhait est d’y conduire le visiteur afin qu’il change son regard. Je reste persuadé que l’art est partout, qu’il nous entoure au quotidien, dans la rue, sur les bâtiments, dans la nature et qu’en fin de compte, c’est plus accompagner une façon de regarder qui importe; Je crois davantage au parcours initiatique entre celui qui créé et celui qui regarde, qu’en la réalisation d’une œuvre magistrale techniquement parfaite, ce qui rend le créateur, et peut-être le visiteur, humble face à un spectacle qui est sensé émouvoir. Finalement, créer, c’est plus donner à voir, en accompagnant le visiteur, que lui montrer. Dans le fond, tout est une question de point de vue. Parcours et Expositions : De 1985 à 1995 : 10 ans de cours d’arts plastiques sous la direction d’Hubert PINAUT (artiste peintre parisien) aux ateliers d’arts plastiques de Maurepas. Expositions collectives : Maurepas, expos d’atelier à la mairie La Celle Saint Cloud 1989 (2ème prix sur le thème du bicentenaire de la Révolution Française), Vaucresson : Lycée Toulouse Lautrec Versailles : Le Carré à la Farine Sarrant : Chapelle 2023 Expositions personnelles : 1991 : UZES, galerie Place aux Herbes 1992 : BRUGES, galerie Di Coylde 1993 : TRAPPES, galerie municipale Le Corbusier 2012 : GUYANCOURT, maison Félix 2022 : SAINT-CLAR, galerie l'Arcade Organisation et encadrement de stages avec des jeunes en situation de handicap physique : 1992 : stage chez joseph Castel sculpteur près de Perpignan 1993 : école des Beaux Arts de Nice Villa Arson 1994 : Centre International de Valbonne Sophia Antipolis en partenariat avec l’école des Beaux Arts de Nice – Villa Arson contact : Tel : 01 30 57 22 53 – 06 86 98 20 39 gilles.ternier@laposte.net - mars 2012