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ma ligne de vie
Celle que…
…J’aiMe
Costume cravate
Costume cravate tache pistache
Ligne
Continue
Je reste dans les clous
Je m’en échappe un peu
Comme les 5 doigts
On dirait … Une étoile
URBAN CALLIGRAPHY ICS.*
Pourquoi « URBAN CALLIGRAPHY ICS » ? Parce que la calligraphie peut parfois se révéler dans des lieux et à des moments inattendus et d’une façon involontaire.
C’est ce qui m’est advenu, rue André GIDE à Montigny le Bretonneux, en ayant eu le regard attiré par les traces de goudron laissées sur la chaussée.
Ici, l’employé de la voirie ne savait pas, un peu à la manière de monsieur Jourdain, qu’il pratiquait la calligraphie de rue. Nous sentons bien pourtant qu’il a pu y prendre du plaisir tant nous pouvons l’imaginer avec son pinceau poursuivre les fissures de la chaussée et nous pouvons même le deviner, vu la qualité de la production, en train de dessiner.
Qui a pratiqué la calligraphie sait combien la question du souffle influe et importe sur la qualité du trait.
Ici, l’homme marche tout en traçant des lignes, des courbes…Forcément il est penché et doit se redresser pour prendre l’inspiration, recharger sa cage thoracique en air frais et aussi recharger sa brosse en goudron**.
Ensuite, me diriez-vous, qu’en est-il de la tension et de la forme du trait ?
Là, c’est le mouvement inverse, ce n’est plus de l’homme qu’elle trouve sa source, mais de la rue.
Le travail consiste donc à colmater les fissures dans l’asphalte afin que l’eau ne puisse plus y pénétrer et abîmer ainsi le revêtement. Mais revenons à ce qui nous intéresse, c’est-à-dire la fissure.
Il faut en convenir, elle est la résultante de deux forces de tentions opposées, qui s’appliquent à la surface de la chaussée. Le hasard joue sa partie, et à y regarder de plus près, on peut y discerner une écriture un peu comme si la route voulait nous raconter son histoire. Les traces, ne vous font-elles pas penser à des idéogrammes chinois ?
Etonnant, me diriez-vous, car habituellement, ce sont les hommes qui racontent les histoires qui jalonnent le chemin de leur vie.
Ici c’est l’inverse c’est la rue qui parle.
D’ailleurs, à ce propos, et pour revenir à l’homme, j’ai pu m’entendre dire qu’il n’y avait pas de route, de chemin, de voie sans blessures et donc maintenant, sans cicatrices…
Gilles TERNIER – Janvier 2012
*CALLIGRAPHIE URBAINE INCONSCIENTE
** Georges Jean. L’écriture mémoire des hommes. Découverte Gallimard/Archéologie. Témoignages et doc., Hassan Massoudi, calligraphie. p. 170
Acrylique sur papier 42 X 32 N°02
Acrylique sur papier 42 X 32 N°02
Acrylique sur papier 42 X 32 N°10
Acrylique sur papier 42 X 32 N°06
Acrylique sur papier 42 X 32 N°09
Acrylique sur papier 42 X 32 N° 01
PORTES A SOUBES
A SOUBES, EN LANGUEDOC, LES PORTES VOUS PARLENT
Soubès est un charmant petit village situé en région Languedoc – Roussillon. Il se love dans les collines du Nord de l’Hérault qui constituent les contreforts du plateau du Larzac. Autrefois, vignobles et vergers disputaient la place aux forêts et à quelques pâturages qui couvrent les zones incultes.
Soubès est desservi par la Route Nationale 9 qui mène, vers le Sud, à Lodève, Montpellier, Palavas les Flots et Sète. Un peu plus loin, vers le Sud – Ouest, Béziers et Narbonne ; au Nord Millau et Rodez. Ces lieux ont joué un rôle important pour les anciens de Soubès.
Voici pour une présentation succincte, mais venons-en à notre histoire. Un après midi ensoleillé du mois d’avril, je me promenais donc à Soubès et mon regard fût attiré par les portes. En y prêtant plus d’attention, elles se mirent à me raconter des histoires. Ce sont sans doute les histoires des gens qui vivent ou ont vécu derrière. D’une manière étonnante, si je ne vis presque personne, j’y ai perçu leurs âmes qui étaient tellement présentes, tant les habitants ont laissé des signes, des traces, marquant ainsi leur humilité, leurs croyances, leur combat, leur appartenance, leur défiance…Et sans doute la rêverie m’a aidé pour le reste
Je vous invite donc à faire cette promenade. Alors laissez-vous prendre par la main et laissez-moi vous accompagner.
– Décembre 2011








































































QUELQUES COMMENTAIRES
1 : PRENDS MA MAIN
Ici la promenade commence, il n’y a plus qu’à se laisser guider.
2: ICI C’EST LE SUD
Les portes de
types granges ou remises sont en réalité des portes de caves ou de
chais. Le souci principal du vigneron était de conserver le vin au
frais. Il en était de même pour les arboriculteurs qui devaient
conserver les fruits (grappes de raisins, cerises, abricots, pêches,
olives) en attendant la livraison. Pour cela, il fallait les protéger de
la chaleur et de la lumière. Petites ruelles ombragées, caves semi
enterrées et creusées dans la roche, ouvertures grillagées, trous que
l’on peut obstruer, sont autant de dispositifs et de stratégies qui ont
été judicieusement choisis. L’un d’entre eux tout aussi ingénieux ne
consiste t-il pas à pratiquer une petite porte dans une plus grande ?
(Voir aussi les photos : 3 – 15 – 22 – 23 – 25 – 28 – 30 – 34 – 35 –
36 – 37 – 38 – 39 – 40 – 48 – 51 – 52 – 60 – 63 – 64 – 65 – 66 68 –
70)
6 : ICI, C’EST LA CONFEDERATION GENERALE DES VIGNERONS !
On ne peut
passer sans évoquer la révolte des vignerons de 1907 qui donna naissance
à la Confédération Générale des Vignerons entre autre à Narbonne et à
Bézier[1]. Les héros, Marcelin Albert et Ernest Ferroul ont probablement mobilisé les vignerons de Soubès. (Voir aussi la photo 62)
8 : QUEL EST LE GENRE DE LA PORTE ?
La question ne se pose plus dans la très catholique Soubès ; la porte et sa serrure sont assurément du genre féminin.
9 : HEY MISTER HEIMANN !
A partir des
années 1970, des allemands, anglais, belges, suisses, en quête de
soleil, de grands espaces, de vieilles pierres, d’authenticité, et
peut-être aussi de légendes, sont venus s’installer en villégiature en
Languedoc Roussillon[2].
11 : LA PORTE VERTE EST PETASSEE
En occitan un petas[3]
(pedas ou pedaç) est une morceau de tissu qui sert à rapiécer (pedaçer
ou petacer) un trou dans un vêtement. Les signes de l’économie et
l’humilité se sont superposés au fil du temps et de ses épreuves (Voir
aussi les photos : 13 – 14 – 31)
12 : PAYSAGE MARIN
La Méditerranée, avec sa station balnéaire de Palavas les Flots est probablement la plage préférée des soubésiens.
(Voir aussi la photo 19)
15 : ENTREE DU MONASTERE
Il n’y a pas eu de monastère connu à Soubès, cependant on a pu dénombrer jusqu’à cinq églises[4].
Soubès a été fondée au Xème siècle par St Fulcran évêque de Lodève. Le
village est resté catholique et a lutté contre les protestants durant
le XVIème siècle. (Voir aussi les photos : 16 – 17 – 18)
21 : UNE PORTE SUR DEUX AVEC UN POT DE FLEUR ET UN CUBI.
Le cubi ou
cubitainer est un contenant économique pour le vin. Ici on ne peut faire
abstraction de la Cave Coopérative du Lodévois de Lodève où les
vignerons livrent leur récolte et vendent leur vin. A cette même
coopérative qui a su élever un vin dénommé « Saint Fulcran ». Les
vignerons coopérateurs pouvaient se fournir en vin à un prix avantageux.
Peut-être que ce cubi en est un vestige. (Voir aussi photo 22)
25 – 26 : LA CARDABELLE
Soubès, est donc située au pied du vaste plateau du Larzac. Sur ce dernier, la cardabelle, ou carline à feuilles d’acanthe[5], trouve les conditions climatiques et de terrain favorables à son développement.
Cette plante, héliotrope, capte la lumière
solaire en s’ouvrant en son centre. Elle se referme lorsque la nuit
arrive et aussi lorsque l’hygrométrie augmente présageant la pluie.
D’ailleurs, les paysans disent d’elle qu’elle est le baromètre du
berger.
La croyance veut qu’ une fois séchée, et
accrochée à la porte de sa demeure, la cardabelle soit un véritable
porte-bonheur. Sur le plateau, « le soleil des herbes », ainsi nommé par
les éleveurs de moutons, protège les animaux ; c’est la raison pour
laquelle on la trouve clouée sur la porte des bergeries.[6]
29 : MONSIEUR SOULAGES EST PASSE PAR LA
Soulages[7]
est un artiste peintre originaire de Rodez. Son œuvre est abstraite. Il
utilise des couleurs sombres (goudron, peinture noire, brou de noix…)
sur des supports clairs et joue ainsi avec la lumière (technique appelée
aussi « noir-lumière » et « outrenoir »). Peut-être est-il passé par là
… (Voir aussi photos 32 – 33)
41 : GARE AU GORILLE
Evidemment, petit clin d’oeuil à Georges Brassens[8]. Ce dernier était originaire de Sète. A ce jour, nous n’avons toujours pas vu de gorille, seulement la grille
43 : PORTE POUR PASSE-MURAILLE
Marcel Aymé n’émettra sans doute aucune objection[9]. (Voir aussi photo 42
CONCLUSION
71 : PASSAGE POUR L’AU-DELA
Cette
promenade se termine aux portes du royaume d’Hadès. Ici vous trouverez
les seules par lesquelles on ne passe que dans un sens, à moins que ….
Cf. photo 69 (Voir aussi la photo 72).
J’espère que
cette ballade vous a plu. Si par hasard vous retournez à Soubès, les
portes auront certainement encore beaucoup de choses à vous raconter,
les hommes et le temps ayant continué leur œuvre…
[1] Histoire de la région Languedoc, http://mirepeisset.pagesperso-orange.fr/pages/histoire/13_1907.htm
[6] Sources : Cardabelle Wikipédia, site La Cardabelle, fleur symbole des Causses du Larzac, Région Midi Pyrénées http://www.sports-sante.com/index.php/la-cardabelle-fleur-symbole-de-la-region-midi-pyrenees




















